J'ai déjà évoqué à plusieurs reprises les modes et la musique modale, en promettant à chaque fois de revenir dessus. Je crois que le moment est venu. On ne trouvera pas ici un récit historique sur l'invention des modes et leur évolution au cours du temps. C'est un sujet passionnant, qui mérite à lui seul un article entier, peut-être même deux. Je vais plutôt me cantonner à la définition des modes en musique traditionnelle et à l'usage qu'on en fait en Dulcimérie.

L'idée est aussi de régler son compte à une confusion qu'on voit très souvent pointer dans le domaine entre mode, tonalité et accordage de l'instrument. Boèce déjà, vers 600 (voir Comme un bémol, du 13/10/2018) traduisait le grec tonus (fr. ton) par le latin modus (fr. mode) et pendant tout le Moyen-Âge les deux mots semblaient synonymes. Aujourd'hui, il est important de faire la distinction si on ne veut pas s'emmêler les pinceaux. Voici donc quelques points de repère.

Un mode (lat. modus) est éthymologiquement un moyen, une manière. C'est entre autres la manière de disposer les tons pleins et les demi-tons les uns à la suite des autres, dans une séquence sonore. Un ton (lat. tonus) est une  note qui détermine la tonalité dans le mode. C'est la note à partir de laquelle on crée cette disposition. Le mode est le guide utilisé pour ce faire. Le mode est indépendant de la tonalité.

Aujourd'hui (c'est à dire depuis la fin de la Renaissance 😀), on distingue essentiellement deux modes:  majeur et mineur. Le mode majeur correspond à la suite d'intervalles (T = ton; d = demi-ton) :

mode_majeur

Les intervalles sont encadrés par des degrés (des sons) désignés par des chiffres romains. Dans une octave, sept intervalles sont encadrés par huit degrés, qui remplissent des fonctions, dont les plus importantes à retenir sont la tonique (degré I), la médiante (degré III = la tierce à la tonique), la dominante (degré V = la quinte à la tonique) et la sous-tonique (degré VII = la septième à la tonique, mais placée sous la tonique à l'octave supérieure). Dans le mode majeur, cette sous-tonique est aussi appelée sensible, car elle est distante d'un demi-ton seulement de la tonique de l'octave supérieure et est sensible à son attraction.

Le mode mineur dit naturel correspond, lui, à la suite d'intervalles :

mode_mineur

Pour faire la différence, les degrés sont indiqués ici en chiffres romains minuscules. Un œil exercé verra tout de suite que le degré i du mode mineur est égal au degré VI du mode majeur, par simple translation d'une sixte vers la droite. On dit que le mode mineur est relatif au mode majeur, par le jeu de cette translation. On note que dans le mode mineur naturel, il n'y a pas de sensible. Le septième degré est distant d'un ton plein de la tonique à l'octave supérieure (degré viii).

Plus simplement, on peut voir les modes majeur et mineur comme deux fenêtres ouvertes sur la même échelle d'intervalles qui peut, en principe, se répéter indéfiniment aussi bien dans l'aigu que dans le grave :

modes_fenetres

Bornant l'intervalle de tierce à la tonique, la médiante est essentielle pour identifier le mode : une tierce majeure (3M = TT) définit un mode majeur et une tierce mineure (3m = Td ou dT) définit un mode mineur. Le mode majeur a aussi une sixte majeure (6M = TTdTT) dans laquelle on aura reconnu l'hexacorde de solmisation de ce bon vieux Guido (voir Comme un bémol, du 13/10/2018) et une septième majeure (7M). Que du majeur - que du bonheur... ! Le mode mineur a quant à lui une sixte (6m) et une septième (7m) mineures.

Cet ordre n'est pas fortuit. On se rappelle (voir Sur la corde, du 06/02/2018) que les Grecs avaient formalisé mathématiquement une "gamme" remontant à la plus haute Antiquité, formée par l'association de deux tétracordes du genre diatonique, disjoints par un ton plein :

d T T + d T TdTTTdTT

... ce qui, au décalage près, correspond bien à notre échelle.

Bon ! D"accord, mais les notes là dedans ? On entend parler de Do majeur, de Mi mineur, et que sais-je encore....

Avec les notes, on en arrive à la tonalité. La tonalité dépend de la note qui donne le ton. Le ton est la note à partir de laquelle on applique le mode. Do majeur ( = une tonalité) désigne le mode majeur (= un mode) construit à partir d'un Do (= un ton). On remplace les anonymes I, II, III etc. par des choses comme Do, Ré, Mi, etc..., bref, par des notes (dans ce qui suit, j'ai surligné les demi-tons en orange) :

doM

On aime bien le Do majeur parce qu'on peut l'écrire rien qu'avec des notes naturelles, sans altération (ni dièse, ni bémol). Essayons d'écrire une autre tonalité, par exemple Mi majeur :

miM

Bonjour les dièses. Et ce n'est pas le pire .... Le mode majeur nous impose d'élever (≈ diéser) certaines notes d'un demi-ton pour respecter la séquence des tons et demi-tons. Avec d'autres tonalités, il nous impose d'abaisser (≈ bémoliser) certaines notes d'un demi-ton. Voici par exemple la tonalité de Si♭ majeur :

sibM

Ces changements de tonalité, ou transpositions, sont rendus possibles par le fait que chacun des tons de la gamme chromatique peut être divisé en deux demi-tons (ex. Do-Ré -> Do-Do#-Ré, et Ré-Mi -> Ré-Mi♭-Mi) et que tous les demi-tons ont la même hauteur de 100 cents dans le tempérament égal. Il n'en a pas toujours été ainsi.

Pour la même raison qu'on apprécie le Do majeur, on aime bien aussi le La mineur, qui est sa tonalité mineure relative (voir plus haut) :

lam

Mais les choses se compliquent dès qu'on change de tonalité. Par exemple, en Fa mineur :

fam

On pourrait multiplier les exemples, mais je pense que tout le monde a bien compris la différence entre mode et tonalité. Mais qu'est-ce que tout ça vient faire dans un blog consacré au dulcimer ?

Justement .... Le dulcimer (je parle ici bien sûr de celui des Appalaches) est un instrument diatonique. C'est à dire qu'il ne dispose (en principe) dans une octave que de cinq tons indivisibles et deux demi-tons, là où les instruments chromatiques disposent de douze demi-tons. On ne peut pas, par plaisir ou par commodité, passer d'une tonalité à l'autre aussi simplement que sur un piano ou une guitare, par exemple de Do majeur à Ré majeur, ou Sol majeur. On est obligé de passer par les modes diatoniques. Et de ceux-là, il n'y a pas que deux....

Combien ? Sept, comme les nains de Blanche-Neige et les péchés capitaux. Un par degré de la gamme diatonique. C'est toujours cette histoire de fenêtres ouvertes sur une échelle. Mais là, on peut ouvrir sept fenêtres différentes. La touche d'un dulcimer "à l'ancienne", c'est à dire sans frette additionnelle, va nous permettre d'illustrer le raisonnement :

fretboard_gammut

Tout à gauche, la frette n°0 donne le départ de la longueur vibrante de la corde, le diapason ou en anglais (la) VSL (Vibrating String Length). Les grands espaces entre les frettes correspondent à des tons (T) et les petits espaces à des demi-tons (d).

note_21_1

En commençant tout à fait à gauche, nous ouvrons la fenêtre sur les sept premiers intervalles, c'est à dire sur le premier mode :

fretboard_mixolydien_do

C'est incontestablement un mode majeur, puisqu'il a une tierce majeure (TT) sur ses trois premiers degrés (Do-Ré-Mi), mais ce n'est pas le majeur que nous connaissons, car son dernier intervalle est un ton plein : il n'a pas de sensible. La sixte à la tonique est majeure (Do-La = TTdTT), mais la septième est mineure. Construire ce mode en tonalité de Do va donc poser problème au niveau du Si (d = La- Si♭ en fait).

Mais en partant de Sol, tout rentre dans l'ordre:

fretboard_mixolydien_sol

De même que les tonalités de Do majeur et de La mineur nous permettaient d'écrire les modes correspondants sans utiliser d'altération, la tonalité de Sol nous permet d'écrire ce nouveau mode avec les notes naturelles. Nous dirons donc que c'est un mode de Sol. Dans le jargon des musiciens, ce mode est aussi appelé mode mixolydien, mais ce n'est pas le plus important. Comme disait le père Mersenne à propos des modes, "Peu importe comme on les nomme, pourvu qu'on les entende".

On est bien d'accord maintenant sur le fait que changer la note de la corde libre (the open string, comme ils disent) ne change pas le mode, mais le ton (et donc la tonalité). En prenant Ré pour tonique par exemple, nous aurons une tonalité de Ré en mode de Sol, ce qui n'est pas commode à placer dans la conversation, j'en conviens. Les musiciens parlent donc plus communément de Ré mixolydien ou de mixolydien en Ré, donnant le ton et mixolydien fixant la séquence des intervalles en partant de ce Ré :

fretboard_mixolydien_re

Comme tous les modes majeurs, le mode mixolydien développe une atmosphère plutôt gaie et enjouée. Il est assez commun dans le répertoire des Appalaches, avec des titres comme Old Joe Clark (vidéo), June Apple ou Red Haired Boy (Little Beggarman). Il est aussi assez répandu dans la musique écossaise pour cornemuses (La mixolydien).

Old Joe Clark - DAd tuning

Cette vidéo nous rappelle également qu'il n'y a pas qu'une seule corde au dulcimer. Il y en a au minimum trois (je considère la chanterelle dédoublée, quand c'est le cas, comme une seule et unique corde). Donc quid de l'accordage des autres cordes? Et je parle bien d'accordage (angl. tuning), c'est à dire des relations harmoniques entre les différentes cordes.

Dans le jeu traditionnel (angl. drone style), comme dans la vidéo, la mélodie est jouée sur la chanterelle (ang. trebble ou melody string). Les deux autres cordes servent de bourdons (angl. drones) et jouent toujours la même note. C'est pourquoi le dulcimer est quelquefois qualifié de cornemuse à cordes. On pourrait tout autant parler de vielle sans roue. D'ailleurs, à l'instar de leurs cousins européens, scheitholts, hummels et autres épinettes des Vosges ou du Nord, les premiers dulcimers n'avaient de frettes que sous les chanterelles. Les bourdons, eux, n'en avaient pas.

penser-modalA propos de vielle, de modes et de bourdons, je recommande vivement au lecteur intéressé le DVD de René Zosso : Penser modal, disponible sur le site Mustradem. En plus d'être un musicien passionné, René Zosso est un conteur et un pédagogue hors-pair, qui fait paraître trop courte sa prestation de presque quatre heures.

Pour peu qu'on se souvienne des articles précédents sur les intervalles, trois noms doivent immédiatement venir à l'esprit dans ce contexte : ceux des intervalles considérés depuis toujours comme les plus consonnants, c'est à dire l'octave, la quarte et la quinte (voir Pythagore (encore !) du 12/05/2018 et Diabolus in musica du 01/09/2018).

Pour le mode de Sol, c'est dans ces rapports d'intervalles que nous allons accorder l'instrument. La corde des basses (la plus grosse, qui est souvent filée, en haut sur l'illustration ci-dessous) est accordée à l'octave inférieure de la note produite par la chanterelle libre (la corde la plus fine, en bas de l'image). Entre les deux, la corde médiane est accordée à la quarte en dessous de la note produite par la chanterelle, donc à la quinte au dessus de celle produite par la corde des basses. Nous avons donc une octave entre les deux cordes extérieures, octave coupée en une quinte inférieure et une quarte supérieure (sur une échelle sonore) par la corde médiane.

touche_DADÇa ne vous rappelle rien? Moi si. C'est la trina harmoniae perfectio de Jean de Grouchy (voir Diabolus in musica du 01/09/2018), l'unité d'harmonie multi-vocale complète de l'organum parallèle, aux débuts de la polyphonie médiévale. Ce mode d'accordage est quelquefois dit 1-5-8, à savoir 1-8 pour l'intervalle d'octave, avec à l'intérieur 1-5 pour l'intervalle de quinte (5-8 étant, en toute logique, l'intervalle de quarte, complément de la quinte dans l'octave). A partir de là, le choix de la tonique dépend du contexte. Ce choix n'a pas grande importance si on joue seul, dans les limites de tension des cordes bien sûr. Il dépend de la tessiture de la voix si on accompagne le chant, ou encore de la tonalité d'autres instruments si on joue en groupe.

Aux origines du dulcimer, la tonique était souvent un Do et l'accordage donnait Do-Sol-Do' (ou CGC, CGc pour les anglo-saxons, ou encore CGcc, pour rendre compte du dédoublement de la     chanterelle), mais au jour d'aujourd'hui c'est plutôt Ré qui prévaut, avec Ré-La-Ré' (DAD, DAd ou DAdd), comme sur les vidéo précédentes. Rien n'interdit non plus d'utiliser Sol-Ré-Sol' (GDg) ou  Mi-Si-Mi' (EBe) et j'en passe...

Ouf! On manque un peu d'air. Ouvrons vite une autre fenêtre. De la frette n°1 à la frette n°8 on trouve la séquence d'intervalles :

fretboard_eolien_la

Trop facile! C'est la séquence d'intervalles du mode mineur naturel et on sait déjà qu'en prenant La comme ton de départ, on n'aura que des notes non altérées. C'est bien un mode de La, aussi appelé mode éolien.

Catalogué comme étant le mode de la tristesse par excellence, et pour cause : il est omniprésent dans les ballades, lamentations et autres regrets. Son absence de tension (pas de sensible, entre autres) le rend plutôt doux, calme et tendre. Dans ses Règles de composition (1690), Marc Antoine Charpentier (1636-1704) le décrivait comme tendre et plaintif. Les musiciens s’accordent souvent à parler de mélancolie à son propos.

Parmi les mélodies classiquement jouées en mode éolien au dulcimer, on trouve Shady grove, Scarborough fair, que beaucoup de français connaissent surtout par la version de Simon et Garfunkel, Greensleeves etc... En voici une autre dans le répertoire des Appalaches :

Aeolian mode - Wayfaring Stranger / Shady Grove - DAC tuning

Comme dans cette dernière vidéo, une tonalité très souvent utilisée est le Mi éolien:

fretboard_eolien_mi

Pour avoir la tonique sur la première frette, il faut accorder la chanterelle un ton en dessous, par exemple en Sol pour un La éolien, en Do pour un Ré éolien, ou encore en Ré pour un Mi éolien. Autrement dit, le jeu traditionnel demande un accordage 1-5-7 des cordes libres, pour avoir la trilogie 1-5-8 sur la première frette de la chanterelle. L'accordage standard aujourd'hui est Ré-La-Do (DAC).

Dans ces conditions, l'enchaînement de deux mélodies, dont l'une est en mixolydien et l'autre en éolien, demande de réaccorder la chanterelle et la baissant d'un ton. C'est une petite manipulation qui peut casser l'ambiance quand on joue en groupe, dans une session par exemple. D'autant que le bruit ambiant n'est pas forcément propice à l'opération. Ma solution est d'avoir plusieurs dulcimers pré-accordés dans différents schémas.

Si le changement d'accordage n'est pas trop gênant dans le jeu traditionnel, où on ne s'occupe finalement que de fretter la chanterelle en rythme, ça devient plus coton quand on joue des accords, avec des notes différentes sur les trois cordes. En effet, les doigtés sont différents dans les différents schémas. Il existe à cela deux remèdes : 1 - l'emploi d'un capodastre et  2 - les accords barrés :

1 - L'emploi d'un capodastre posé à la première frette d'un dulcimer accordé Ré-La-Ré' (DAd, donc 1-5-8) donne un accord de Mi (Mi-Si-Mi') sur les cordes libres. C'est un accord neutre, ni majeur ni mineur, qui ne comporte que la tonique, l'octave et la quinte et qui suffit à notre bonheur en drone style. Il n'y a pas de tierce (Sol). Il faut aller la chercher à la frette n°3 pour avoir un accord de Mi mineur (Mim). C'est bien un Mi éolien, mais le doigté des accords reste le même que quand on joue en Ré mixolydien sans capodastre. Il n'y a rien à réapprendre. Re-voici Wayfaring stanger en accordage 1-5-8 (DAD) avec un capo à la première frette :

Wayfaring Stranger

2 - Trois doigts remplacent le capodastre en barrant la touche à la première frette, sur un accord de Mi neutre. Le pouce reste libre pour aller chercher la tierce mineure à la troisième frette. C'est techniquement un peu plus difficile, mais beaucoup plus riche, car les notes des cordes libres ne sont pas neutralisées comme avec le capo et on peut les utiliser pour donner un peu de couleur aux passages entre accords. Voici une démonstration par Guy Babusek, toujours sur l'air de Wayfaring stranger en accordage 1-5-8 (DAD):

Wayfaring Stranger -- Fingerpicked Mountain Dulcimer

Dans ces conditions, on peut parfaitement jouer en mode éolien sur un accordage 1-5-8, ce qui doit porter un coup fatal à l'équation 1-5-8 (DAD) = mixolydien, trop souvent vue sur Internet.

En continuant notre progression, nous arrivons à la séquence suivante, de la frette n°2 à la frette n°9 :

fretboard_locrien_si

C'est clairement un mode mineur avec la tierce mineure initiale (dT). En toute logique, c'est le mode de Si, après les modes de Sol et de La. On le nomme aussi mode locrien.

L’intervalle de seconde mineure (demi-ton) entre les degrés i et ii (Si-Do) produit une dissonance disgracieuse. Plus généralement, la quinte diminuée (Si-Fa), qui  est le complément à l'octave du fameux triton (voir Diabolus in Musica, du 01/09/2018), n'en a jamais fait un mode très populaire, en particulier dans la musique liturgique médiévale.

Pour un jeu traditionnel en mode locrien de Ré, par exemple, il faut avoir Ré en frette n°2, c'est à dire accorder la chanterelle en Si♭. La basse reste en Ré, mais la corde médiane passe en Sol# (La♭), c'est à dire 1-♭5-♭6. On ne peut pas dire que ce soit très joli et on comprend que personne ne s'y soit acharné. Voilà tout ce que j'ai pu trouver sur Internet pour illustrer le propos :

Short demo of Locrian mode on mountain dulcimer

Impossible bien sûr d'utiliser un capodastre ou un accord barré en frette n°2 sur un accordage 1-5-8, DAD par exemple, car alors l'écart de la corde centrale aux deux cordes externes serait d'une quinte et d'une quarte juste, alors qu'il nous faut ici une quarte augmentée (un triton) et une quinte diminuée. Sauf à s'interdire de laisser sonner la corde médiane libre, ce qui complique le jeu.

On comprend pourquoi ce mode locrien n'est pratiquement jamais utilisé en Dulcimérie et il ne mérite pas qu'on s'y attarde plus que ça. Quatre pages lui sont malgré tout consacrées dans le Cripple Creek Dulcimer de Bud et Donna Ford, avec notamment une composition de Les Slaughter (voir Ben & Nut, du 13/01/2019), mais eux aussi trichent en remplaçant la quinte diminuée Sol-Ré♭ par une quinte juste Sol-Ré : ça a le goût du locrien; ça a l'odeur du locrien; mais ce n'est plus du locrien...

De toute façon, les Locriens ne semblent pas avoir été des marrants. Dans un article de 1928, le Dr. Louis Lewin, professeur à l'Université de Berlin notait :

"Chez les Locriens occidentaux, qui furent les premiers prohibitionnistes, une loi interdisait de boire du vin sous peine de mort, sauf si on le prenait comme médicament, sur l’ordre du médecin." (Les paradis artificiels, Payot, Paris)

C'est l'heure de la pose. Nous avons passé en revue les trois premiers modes diatoniques. Il nous en reste quatre à voir, dont deux seulement demandent une revue de détail. De quoi faire un article dans un proche avenir.

A+