Bonjour et bienvenue sur mon tout nouveau blog consacré au dulcimer des montagnes, aussi appelé dulcimer des Appalaches, et à bien d'autres choses au passage, d'où le titre.

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Je voulais trouver un titre avec un jeu de mots sur dulci-quelque-chose, comme font les américains (dulcimerica, dulcipeg, dulcibarde, dulcim(er)man, dulcimus,  etc.), mais je n'ai pas vraiment trouvé grand-chose de malin : dulciboulette, dulcigare, dulcigogne, dulcimetière (?!) dulcinée, dulciterne (non, justement, pas si terne que ça..., enfin, j'espère!), dulcitrouille, dulcivet, etc.

Bon, avec dulcim-quelque-chose, on avait dulcimélodie, mais ça faisait un peu Pascal Sevran et thé dansant, dulcimedia était déjà pris, dulcimercredi pouvait passer pour grossier, et puis d'ailleurs pourquoi mercredi et pas lundi ou mardi? Dulciménestrel faisait pédant, ce que je ne pense pas être.

J'avais aussi pensé à Dulcimeria, ou Voyages en Dulcimérie, mais ça donnait l'impresssion que je m'appropriais un concept sur lequel je n'ai aucun droit, sinon celui de m'exprimer.
 

doulcemelleDulcimélo était déjà pris par un groupe religieux du Brésil et puis -mélo faisait trop mélancolique. D'autre part ça faisait un peu penser à dulci melos. Non, rassurez-vous, je ne vous ferai pas le coup de la doulcemelle, même si cet ancien vocable françois nous fut ravi par les anglois pour forger le mot dulcimer. La doulcemelle (ou doucemelle, autour du XVème siècle) était un instrument plus ou moins trapézoïdal, aux bords parfois incurvés. Du genre cithare, ancêtre du dulcimer à marteaux (en anglais hammered dulcimer = dulcimer martelé) et cousin du tympanon ou cymbalum, les cordes en étaient frappées à l'aide de baguettes, petits maillets ou mailloches. J'en développe l'histoire dans cet article (Le nom de la chose, du 18/12/2018). Le fragment de tapisserie ci-contre, visible au Musée de Cluny à Paris, en montre une (doulcemelle) jouée par une dame de la haute société du XVème siècle.

Pour revenir à mon affaire, Dulciméli-mélo pouvait le faire, mais dans le même registre Dulcibric-à-brac, finalement c'est pas mal. C'est un peu long, mais ça sonne bien et ça peut décourager les flemmards.

Le dulcimer des Appalaches (perso je préfère dire des montagnes), avec ses trois ou quatre cordes pincées, n'est donc qu'un très lointain cousin de la doulcemelle. Assez peu connu et pratiqué en France, il descend du scheitholt ou scheitholtz  (littéralement: morceau de bois), ancienne cithare alpine proche du monocorde, dont l'épinette des Vosges est la variante française. Il existe aussi une variante scandinave appelée lang(e)leik (en Norvège) et langspil (en Islande). Forcément, le fait d'avoir le même nom pour deux instruments différents sème un peu le bazar...

Le dulcimer des Appalaches est un beau produit du melting pot des cultures dont l'Amérique sait quelquefois nous faire profiter, où le génie musical celtique rencontre un vieil instrument d'Europe du nord-est. Je tâcherai de faire une synthèse historique sur tous ces instruments d'Europe qui ont pu contribuer à la naissance du dulcimer des montagnes. En attendant, voici deux sites intéressants:

• en français
    Le dulcimer, par Christian Huet
• en anglais
    Le Dulcimer sur Wikipedia - https://fr.wikipedia.org/wiki/Dulcimer

 

mon_dulcimerJ'ai acquis mon tout premier dulcimer dans les années 70, je ne me souviens plus précisément. C'était en tous cas avant 1977, puisque je l'avais déjà quand les enfants sont nés. C'est un dulcimer triangulaire dont je ne me rappelle absolument pas le prix. Sûrement pas très élevé, car j'étais encore étudiant. D'ailleurs il fait un peu "bois de caisse", mais la sonorité me plaît et puis, avec le temps, il a pris une jolie couleur miel qui plaît à mon épouse. La table d'harmonie (le dessus) est certainement en épicéa, vu le fil du bois. Le fond et les éclisses, ainsi que la touche sont dans un bois indéterminé, peut-être du noyer. On trouvera plus d'informations sur ce dulcimer dans cet article (Ben & Nut, du 18/12/2018).

J'ai déjà été obligé de changer les mécanismes d'accordage, une clé m'étant récemment restée dans la main. J'avais acheté ce ducimer chez Paul Beuscher, il y a donc plus de 40 ans, à la pleine époque du renouveau "folk" en France. On courait de festival en festival écouter Emmanuelle Parrenin et Phil Fromont, et tant d'autres dont les vinyls remplissent ma bibliothèque ....

J'ai toujours été intéressé par la musique traditionnelle et ses instruments. Je me suis aussi frotté à l'accordéon diatonique. Comme mon premier dulcimer, mon accordéon Honner a fêté ses quarante ans, mais il a encore du souffle et fait encore danser comme aux premiers jours.  De passage à Saint Jacques de Compostelle, j'y ai acheté une gaïta galicienne il y a une vingtaine d'années, mais nous n'avons pas vraiment réussi à nous entendre, elle et moi. Je suis un peu réfractaire aux instruments à anche. Pour ma plus grande honte, elle stagne au fond d'un placard.

Dans ce bric-à-brac, j'ai envie de mettre toutes les choses qui me passent par la tête, dans le domaine musical bien sûr. Il y aura évidemment une rubrique sur la/ma pratique du dulcimer, mais aussi sur d'autres instruments traditionnels, cousins ou non de ce dernier. J'ai envie de consacrer quelques pages à la théorie musicale que je viens récemment de découvrir. C'est fou ce qu'on arrive à faire avec les sept notes d'une gamme diatonique! Il ne s'agira en aucune manière de cours, mais d'une mise au propre de notes (sans jeu de mots) encore éparses dans mes tiroirs. Je parlerai de la musique traditionnelle, en France mais pas seulement. Je me suis découvert un grand intérêt pour les musiques de danse des Îles britanniques, de l'Irlande de de l'Ecosse. J'adore aussi les musiques du Moyen-Âge et de la Renaissance.

On l'aura compris, c'est un blog bavard. Celles et ceux qui n'aiment pas la lecture sont donc priés d'aller voir ailleurs, mais je doute qu'i·e·l·le·s soient arrivé·e·s jusqu'ici. Noter au passage comme l'écriture inclusive et le point-milieu rendent un texte considérablement plus compréhensible... Je rigole !!

A+

Poucet5PS : pour s'y retrouver dans le blog, la page super-importante (le fil d'Ariane, les cailloux du P'tit Poucet, etc.) est celle intitulée Synopsis, dont le lien se trouve normalement juste en dessous de celui menant à cette intro, dans le menu Pages de la colonne de droite.

Bon, mais si vous êtes arrivés là, c'est que vous savez déjà ...